FRET AÉRIEN : L’AFRIQUE DEVIENT LE NOUVEAU CHAMP DE BATAILLE DES GÉANTS DE LA LOGISTIQUE

FRET AÉRIEN : L'AFRIQUE DEVIENT LE NOUVEAU CHAMP DE BATAILLE DES GÉANTS DE LA LOGISTIQUE

Le continent affiche la plus forte croissance mondiale du fret aérien. Une manne qui attire les compagnies du Golfe et redessine les routes commerciales mondiales.

Le marché africain du fret aérien est en pleine ébullition. Et les grands transporteurs mondiaux l’ont bien compris.

Dernier exemple en date : flydubai. Dans un communiqué du 11 septembre, la compagnie émiratie a annoncé le renforcement de son dispositif cargo avec trois nouveaux Boeing 737-800 freighters d’une capacité de 23 tonnes chacun. Des appareils qui seront opérés en ACMI avec SolitAir depuis l’aéroport d’Al Maktoum (DWC) à Dubaï, en complément des soutes de ses 98 avions passagers.

Une décision qui n’est pas un hasard. Elle intervient alors que l’Afrique surperforme tous les autres marchés.

Selon les chiffres de l’IATA, la demande de fret des compagnies africaines a bondi de 21% en février 2026 sur un an, contre seulement 11,2% de moyenne mondiale. La capacité, elle, a progressé de 17,3%. C’est le cinquième mois consécutif que l’Afrique affiche la plus forte croissance au monde.

Le moteur de cette explosion ? L’axe Afrique-Asie. Le corridor a vu ses volumes s’envoler de 61,9% en février, signant son huitième mois consécutif de hausse.

Les hubs du Golfe à la manœuvre

Cette croissance crée un besoin massif en capacité d’emport et une opportunité stratégique : connecter l’Afrique aux grands centres de consommation mondiaux.

Dans cette bataille, les compagnies du Golfe partent avec une longueur d’avance :

– Emirates SkyCargo : Déjà 3 820 tonnes transportées par semaine vers et depuis l’Afrique début 2025, avec une flotte qui doit passer à 21 avions cargos.
– Qatar Airways Cargo : 12% du marché mondial du fret et plus de 70 destinations cargo depuis Doha.
– Etihad Cargo : Prévoit l’ouverture de 6 nouvelles destinations africaines d’ici mars 2027, dont Lagos, Accra et Kinshasa.

L’enjeu est clair : la hausse des échanges intra-africains et le développement du e-commerce, des produits pharmaceutiques et des périssables créent une demande pour du transport rapide de marchandises à forte valeur ajoutée.

Si les transporteurs africains comme Ethiopian Airlines restent leaders sur leur continent, la course pour le contrôle des flux intercontinentaux est lancée. Et ce sont pour l’instant les hubs de Dubaï, Doha et Abu Dhabi qui avancent leurs pions le plus rapidement.